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En réponse à Céline qui a utilisé la méthode du « join up » avec Idris, son cheval, lorsque celui-ci ne se laissait pas attraper… je voudrais te dire que pour autant je ne remets pas en cause ni tes bons sentiments pour ton cheval, ni ton approche avec lui, car elle a le grand mérite de chercher à comprendre. Et de toute façon à l’évidence, tu aimes ton cheval !!!
Et puis, lorsque l’on est perdu face à un problème auquel on ne trouve pas de solution, il est on ne peut plus légitime de vouloir essayer ce qui peut le résoudre.
Tu dis que : « chaque cheval est différent, ils ont tous une personnalité propre, c'est pourquoi il faut toujours chercher à comprendre l'origine de leur mal-être avant de vouloir résoudre de prétendus "problèmes". Il faut analyser et s'adapter voilà tout ! »… C’est justement parce que je suis on ne peut plus d’accord avec toi sur ce point que j’ai écrit « Demande à ton cheval ». Le cheval nous « dit » ce qu’il ressent au moment où il le ressent. A nous de le comprendre. Il a sa personnalité propre et certaines choses de son vécu ont une incidence sur son comportement, sa façon d’agir et de réagir. Ce ne sera pas forcément la même pour ton cheval et pour le mien ! D’autant que même des situations apparemment semblables sont en réalité bien différentes. Le cheval monte dans un van chez toi et chez moi, nous faisons les mêmes gestes, mais la lumière est différente, une ombre ici et pas là… un bruit d’oiseau, de pas sur le sol, une odeur de chien en colère ou effrayé… trop de détails qui nous échappent viendront complètement transformer le ressenti du cheval.
C’est donc justement pour cela, pour ces différences fondamentales de personnalité et de situations, que j’explique que ce ne sont pas des « méthodes », aucune ! qui peuvent apporter des réponses fiables à une situation quelle qu’elle soit.
Quelle réponse alors ? Reprenons par exemple la situation où tu fais monter ton cheval dans le van et moi le mien. Quel peut être le point commun à ces situations où tout est différent, ton cheval et le mien, toi et moi, ton environnement et le mien, etc. ? Le seul point commun, c’est le lien indicible que nous aurons peut-être chacune créé avec notre cheval. Quel que soit le contexte, c’est ce lien et exclusivement cette force virtuelle qui nous lie à notre cheval, qui portera la solution. Parce que, quoi que ce soit qui pourra, à cet instant, effrayer le cheval, si notre présence est devenue un repère fiable pour lui, sa réaction sera modérée et, par un geste, une parole rassurants, nous obtiendrons le retour au calme et la banalisation de la situation. En effet, il aura appris qu’il ne lui arrive jamais rien de dangereux en notre présence. En un mot, sa confiance en nous sera suffisante pour que notre calme signifie pour lui : « je ne risque rien… elle me le demande, je peux le faire » !
Aucune « méthode », le join up en est une, ne pourra donner ce résultat. Parce que, qu'est-ce qu'une méthode sinon quelque chose qui est censé marcher pour tous les chevaux dans toutes les circonstances ?
Alors, imaginons que nous soyons affaiblies, malades ou blessées. En tout cas dans l’impossibilité d’exercer la moindre pression comportementale sur notre cheval et que celui-ci se retrouve confronté à une grosse peur ? Qui de celle qui a su instaurer la confiance ou de celle qui prend systématiquement le pouvoir sur son cheval, se sortira de la situation ?
Etablir une relation de confiance avec le cheval n’est pas une méthode, c’est une volonté permanente d’être à l’écoute de l’animal, en apprenant certes comment il fonctionne, mais pas en utilisant cette connaissance pour le dompter, juste pour le comprendre et devenir pour lui un ami fiable, chaque jour de plus en plus fiable…
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27 décembre 2005
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