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La dormeuse du pré
C'est un pré de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes quelques crins
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Une jeune jument, yeux fermés, belle tête,
Et l'encolure baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; elle est étendue dans l'herbe, sous le vent,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les sabots dans les glaïeuls, elle dort. Souriant comme
Sourirait un poulain malade, elle fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : elle a froid.
Les parfums ne font pas frissonner ses naseaux ;
Elle dort dans le soleil, les pattes pliées,
Tranquille. Elle est juste dépecée et son sang versé pour la folie des hommes !
Que tous les amis des chevaux se mobilisent ! Pour tous ces chevaux tués par la folie des humains !
P...
Posté le
:
8 avril 2008
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